1974 - peuple maka du paraguay
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zone de vie des maka, au proximité d'asunción





Au bord du Rio Paraguay
Entre onorio, le vieux cacique des Makas et l'une de ses favorites. Ancêtre de la tribu, héro de la guerre du Chaco, nul ne savait son âge, lui encore moins. 95 ? 100 ?
A longueur de jour, avant de rouler assommé, il s'abreuvait
de chitcha cette tueuse de guerriers : maïs mâché par les femmes, recraché dans le tonneau et laissé à fermenter. Devant le vieux phénomène, sa calebasse dégustation. Dieu ce que j'ai aimé la bouille de ce bonhomme d'un autre monde !

onorio, le vieux cacique des makas

dégustation de la chitcha

indiens maka

Indiens MAKA


En 1936, près du Rio Paraguay, les irréductibles Maka, à demi catéchisés, viennent planter leurs tentes à un jet de flèche d’Asunción. Seul le rio immense les sépare de la civilisation et les en protège encore. Mais pour combien de temps ? Elle gagne sur eux. Lentement. Inexorablement. A l'aide de bateaux à moteurs, on vient les visiter.

Il y a cinq ans, lors de mon dernier passage, ils n'existaient pas. Comme n'existaient pas, les guides en jeans et chemise bleue sur laquelle est piqué, côté cœur, un petit rectangle blanc : "guide indiens Maka".

Pour l’instant, aux visiteurs les femmes exhibent leurs seins. Cinq cents guaranis pour en avoir un. Mille pour les deux. Beaucoup plus pour avoir le droit de prendre un cliché en groupe, femmes, enfants et guerriers peints.

indiennes maka de la tribu d'onorio



Mais les tarifs varient selon votre audace ou générosité. La civilisation a transformé une race fière en mendigots. Vous avancez, femmes et enfants vous suivent, et de leurs doigts écartés précisent leurs exigences. Leur fierté est loin. Les Indiens l'ont remplacée par le mépris. Ils en sont à la génération de pré-civilisation.

Bientôt le "pré" sautera. Ils seront incorporés. Pour toujours. A moins qu'on ne les cantonne dans leur réserve, qu'on leur refuse l'instruction, la facilité d'accéder à certaines professions : doctorat, professorat, magistrature…

Mais ce n'est pas sûr. Le pays, saigné par les guerres du Chaco, a besoin d'hommes. Les Maka sont intelligents et capables...




Sur leurs 350 hectares, les descendants des farouches Maka, survivent en tentant de mener la même existence que leurs ancêtres.
Mais en plus, ils cultivent le maïs, le melon, la patate et surtout le manioc, base de leur alimentation. Ils chassent toujours le tigre (tigrio), mais au fusil à présent, les flèches restant dans le carquois.

Sauf quand repris par la nostalgie de l'errance du primitif, Petit André, chef des sept cents derniers Maka, s'enfonce dans les herbes coupantes et drues, quasi nu, peint en guerre, traquant le fauve, l'arc au poing…


Férocité et adresse sont légendaires chez les Maka.
Ils étaient incomparables pour monter les chevaux sauvages qu'ils montaient nus.
Ils n'étaient pas anthropophages mais ils scalpaient leurs ennemis. Leur vie avant que nous les amenions ici était le jeu et la guerre.

On se demande même s'ils ne sont pas les précurseurs du football américain. Jadis, il y a des siècles, ils jouaient déjà avec une petite balle de bois qu'ils se disputaient en la frappant d'un bâton. Ils s'affrontaient en deux équipes de vingt. Tribu contre tribu...
Le vainqueur recevait en prime vingt ponchos de laine fabriqués et tissés évidemment à la main.
De là leur grande valeur. En plus, ils obtenaient le droit de chasse durant un mois sur les terres du vaincu.

"AVENTURES SOUS LES TROPIQUES"

Extraits - A. le Breton - 1977 - Editions Pygmalion

Résumé du livre
résumé

"aventures sous les tropiques"



Pour en savoir plus sur les indiens maka (paraguay)


Mariano Roque Alonso
Comunidad Indigena Makà
Un pueblo que lucha por evitar su extinción


Sorosoro, pour que vivent les langues du monde
Données sur la langue maka, collectées par l’UNICEF

Wikipedia
Guerre du Chaco